frise

œuvres focus

Liens externes

Quelques sites

Un choix non exhaustif pour la richesse du contenu artistique et pédagogique.

Le Louvre

Le musée d'Orsay

The National Gallery

histoiredesarts.culture.fr

eduscol.education.fr

Google Art project

Un site au près plus des oeuvres, vertigineux!

Liens

Cratère du massacre des Niobides
Passez votre souris sur l'image

Imprimez cette page

niveau : Collège

Peintre des Niobides

Cratère du massacre des Niobides
Date : Vers 460-450 av. J.-C.
Lieu : Musée du Louvre
© RMN

Cratère du massacre des Niobides

Ce vase, d'une taille exceptionnelle, est orné d'une représentation dont la thématique et la composition sont inhabituelles.

Grand cratère en calice attique à figures rouges

Retrouvé en octobre 1880, dans une nécropole étrusque près de la ville actuelle d'Orvieto, importé sans doute d'Athènes, il est acquis à un collectionneur par le Louvre en 1883.
C'est un vase dit « à figures rouges » ; en effet, vers 530, les peintres cessent de peindre les figures au vernis noir car le décor ne pouvant être obtenu que par incision dans le vernis noir, ne permet pas un rendu suffisamment précis des détails. En inversant le procédé, on peut utiliser un vernis dilué aux tons marron clair qu'on applique au pinceau, ce qui permet d'affiner les détails.
C'est un objet fonctionnel, un cratère, c'est-à-dire un vase servant à contenir du liquide et à mélanger l'eau et le vin car les anciens ne consommaient jamais leur vin pur. Il existe 4 variantes formelles selon la forme et l'emplacement des anses : les cratères en cloche, à volutes, à colonnettes ou en calice. On y puisait le liquide à l'aide d'une « oenochoé » pour le verser dans des coupes. Le cratère en calice offre au peintre de larges tableaux à décorer, ce qui explique que ce type de vase soit la forme de prédilection des grands peintres. On en connait au moins 13 du même peintre, nommé ainsi par John Beazley à cause justement de ce vase.

La décoration principale du vase

Face 1 : (grande image) Massacre des enfants de Niobé par Artémis et Apollon.
Face 2 : (troisième image) Héraclès et les Argonautes ou Héraclès et les héros de Marathon.

Artémis et Apollon vengent leur mère Léto de l'offense qui lui a été faite par Niobé. Celle-ci se prétend supérieure à la déesse car elle est mère de douze (ou 14) enfants, les Niobides, alors que Léto n'en a que deux. La vengeance des deux enfants est terrible : ils tuent tous les Niobides de leurs flèches. Cet épisode était peu représenté jusque là mais va se propager sans doute à cause de la mode de la tragédie d'Eschyle sur ce thème.

La scène se déroule dans un paysage montagneux, sur un terrain inégal marqué par des lignes sinueuses en rehaut blanc où seul pousse un arbre dénudé. Sous Artémis, une fille allongée, visage de face, une flèche plantée dans le dos ; près d'elle, un garçon caché par une éminence rocheuse ; une autre flèche signale sans doute le cadavre complètement caché d'un autre Niobide. La position agenouillée du Niobide de gauche, très fréquente dans les vases de l'époque, évoque l'attitude de suppliant.
Au-dessus de l'anse droite, un jeune garçon de dos, une flèche plantée dans les côtes, tente de s'enfuir, une main levée devant lui comme pour appeler de l'aide. En opposition à leurs victimes souffrantes, Apollon et Artémis, trônent dans tout l'éclat de leur triomphe.

Apollon est représenté dans une attitude inspirée de la statue des Tyrannoctones de Critios et Nésiotès, installée sur l'acropole en 477 av JC. Artémis, le corps de face et la tête de profil, retire une flèche de son carquois pour armer son arc, dans une immobilité qui rappelle l'Athéna d'une métope d'Olympie. Mais la grande originalité de ce vase, exceptionnelle chez le peintre des Niobides lui-même, réside dans le placement des personnages dans un paysage, de façon étagée, ce qui est tout à fait étranger à la tradition des vases peints mais s'apparente aux nouveautés de l'époque en matière de grande peinture, c'est-à-dire de peinture murale, dont il ne reste aucun témoignage alors que c'était un art majeur athénien. Mais les auteurs en parlent abondamment : on sait par exemple que le portique de l'Agora d' Athènes, la stoa Poikilé, était décoré de paysages rocheux où s'étageaient des personnages et qu'on jouait sur différents plans, comme ici.

Même si il n'y a pas mention de grande peinture qui ait pu servir de modèle direct au vase, on suppose que le peintre intègre des acquis de la grande peinture telle qu'elle s'est développée à Athènes dans le 2eme quart du Vème siècle : une grande composition à plusieurs personnages, étagés sur plusieurs plans, avec des effets de perspective, des raccourcis, une recherche sur l'expression de la souffrance ou de l'agonie dans le traitement des visages. Mais ces figures semblent emprunter aussi aux modèles sculpturaux, ce qui montre qu'un travail de type artisanal comme celui de la céramique pouvait utiliser les modèles les plus appropriés puisés dans le grand art.

Pistes pédagogiques

Niveau scolaire : Au collège, en 6ème.
Domaine artistique : "Arts du visuel", "Arts du quotidien".
Thématiques : « Arts, mythes et religions », sous thème : « l'œuvre d'art et le sacré : sources religieuses de l'inspiration artistique ». En rapport avec l'étude de la mythologie : rapport texte/image, corpus de vases sur plusieurs figures mythologiques.

Ressources complémentaires

Homère, l'Iliade (XXIV, 605-612) épisode du massacre des Niobides. Ovide, Métamorphoses, livre IV Niobé et histoires connexes (6, 146-411) Vengeance de Latone : Apollon tue les sept fils de Niobé (6, 204-266)

Ressources complémentaires

Texte/Image

Sur le web

frise