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Apollon et Daphné
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niveau : Collège

Nicolas et Guillaume Coustou

Apollon et Daphné
Date : 1713-1714
Lieu : Musée du Louvre
© Musée du Louvre

Apollon et Daphné

Situé dans la cour Marly du Louvre, le groupe de Daphné (de Guillaume Ier Coustou) poursuivie par Apollon (de Nicolas Coustou) illustre un passage des Métamorphoses d'Ovide. Ce groupe est conçu vers 1713-1714, pour orner le centre de deux bassins du parc de Marly, chaque statue regardant l'autre à plusieurs dizaines de mètres de distance.

Une course effrénée

Phébus (l'autre nom d'Apollon) a traité avec mépris Cupidon, le dieu de l'amour, qui prétendait faire usage de son arc. Vexé, celui-ci se venge en décochant deux flèches : l'une, en or, qui fait naître l'amour, atteint le dieu et l'autre, en plomb, qui rend insensible, touche la nymphe Daphné, fille de la Terre et du fleuve Pénée. Voici donc le dieu chasseur, fier de sa force virile et méprisant la faiblesse de l'amour, devenu amoureux éperdu de la nymphe, qui se refuse. La poursuite s'engage. Sur le point d'être rattrapée, Daphné appelle au secours son père, qui la sauve en la transformant en laurier. Comment la littérature et la sculpture traduisent-elles cet épisode des Métamorphoses? La métamorphose de Daphné a fait l'objet de nombreuses adaptations littéraires et représentations plastiques, en particulier à l'époque baroque. Les sculpteurs, Coustou et Bernin, font des choix différents : Le Bernin, sculpteur baroque, choisit l'instant de la métamorphose ; Nicolas Coustou, artiste rocaille, préfère représenter le moment de la course. A Marly, les personnages saisis dans l'instant et dans l'action, avec leurs draperies qui volent au vent, se plaquent au corps, sont en équilibre instable ; ils ont des visages souriants et assez impassibles. Ces statues ont l'impétuosité du baroque romain mais pas sa puissance dramatique. Leur élégance gracile et leur vivacité participent déjà de l'esprit rocaille, qualificatif donné au style plus décoratif et gracieux, éclos en France au début du XVIIIe siècle. Mais le choix de la course s'explique aussi en partie par les contraintes de la commande.

Une sculpture de jardin

En effet, en 1686, Louis XIV s'installe dans sa nouvelle résidence, le château de Marly, deuxième grand chantier de son règne, bien moins connu que Versailles, en raison sans doute de sa destruction presque totale. Jules-Hardouin Mansart construit un grand pavillon pour le roi au centre et, sur les côtés, douze petits pour la Cour. De 1699 à 1715, on installe la statuaire dans les jardins. Aux quatre angles du pavillon du roi, se trouvent les quatre bassins des Carpes. Au centre de chacun d'eux, une statue : une copie d'une statue antique par Lepautre représentant Atalante courant, à laquelle fait face l'Hippomène de la légende par G. Coustou, sert de prototype. En 1713, on commande aux frères Coustou Apollon poursuivant Daphné pour les deux autres bassins, en choisissant à dessein une thématique permettant de montrer des personnages en pleine course. Les sculptures sont conçues pour être placées en parallèle : leurs attitudes se répondent et leurs regards se croisent. À la statuaire de Versailles, empreinte de majesté et aux dimensions colossales, on préfère une sculpture pleine de mouvement et d'élégance, dont les dimensions s'amenuisent : ici un peu en dessous de la grandeur nature. Face à la pompe de Versailles, Marly représente la liberté champêtre : la dignité cède au naturel.
Après la destruction de Marly, ces deux sculptures furent installées dans un bosquet du jardin des Tuileries de 1798 à 1940, avant d'entrer au Louvre. Elles sont aujourd'hui protégées des intempéries mais exposées dans une muséographie évoquant leur destination d'origine, à la lumière du jour et environnées d'autres sculptures venant du parc de Marly et d'arbustes. C'est bien le seul endroit du musée où des éléments végétaux côtoient les œuvres!

Pistes pédagogiques

Niveau collège : 5ème.
Période historique : le XVIIème siècle.
Domaine artistique : "Arts du visuel" et "Arts de l'espace" (jardins).
Thématique : « Arts, mythes et religions », sous thème « L'œuvre d'art et les grandes figures de l'inspiration artistique en Occident : Apollon ».
Autre thématique : « Arts, ruptures, continuités », sous thème : « L'œuvre d'art et le dialogue des arts : citations et références ».
Lettres : rapport texte/image : confronter au texte d'Ovide : saisir le moment du récit représenté et comparer avec les choix du Bernin.
Histoire : Les jardins des demeures royales sous l'Ancien Régime : Versailles et Marly.
Ressources complémentaires : Ovide Métamorphoses, (I, 452-567) Reproduction du groupe Apollon et Daphné du Bernin de 1625 (Rome, Villa Borghèse).

Ressources complémentaires

Texte/Image

Sur le web

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