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Cratére d’Héraklès et Antée
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niveau : Primaire

Euphronios (signé)

Cratére d’Héraklès et Antée
Date : vers 515 - 510 avant J.-C.
Lieu : Musée du Louvre
© RMN

Cratére d’Héraklès et Antée

Bien qu'il ait été trouvé dans la région italienne de l'Etrurie, ce vase, de grande taille, est l'une des œuvres les plus raffinées de la production de vases à figures rouges de la région d'Athènes à la fin du VIème siècle.

Cratère en calice attique à figures rouges

Il faisait partie de la célèbre collection Campana, acquise en 1861 par Napoléon III, puis donnée au Louvre en 1863.
C'est un vase dit « à figures rouges » ; en effet, vers 530 av. J.-C, apparaît en Attique une technique qui va concurrencer celle des « figures noires ». Les peintres cessent de peindre les figures au vernis noir car le décor ne pouvant être obtenu que par incision, ne permet pas un rendu suffisamment précis des détails. En inversant le procédé, on peut utiliser un vernis dilué aux tons marron clair qu'on applique au pinceau, ce qui permet le rendu inédit à l'époque du détail des muscles et réalisme du visage d'Antée.
C'est un objet fonctionnel, un cratère, c'est-à-dire un vase servant à contenir du liquide et à mélanger l'eau et le vin car les anciens ne consommaient jamais leur vin pur. Il existe quatre variantes formelles, selon la forme et l'emplacement des anses : les cratères en cloche, à volutes, à colonnettes ou en calice. On y puisait le liquide à l'aide d'une « œnochoé » pour le verser dans des coupes. Le cratère en calice offre au peintre de larges tableaux à décorer entre deux bandeaux de frises décoratives, ce qui explique que ce type de vase soit la forme de prédilection des grands peintres.
Daté des années 520 av J.C., ce vase présente le grand avantage d'être signé du potier qui l'a façonné et du peintre qui l'a décoré. Euphronios commence sa carrière de peintre aux environs de 520 av. J.-C. et la poursuit pendant vingt ans. Il appartient au groupe dit des « pionniers », artistes curieux et novateurs, dirige un atelier de 500 à 470 où il travaille comme potier à la fin de sa vie, peut-être parce qu'il est devenu aveugle.

La décoration principale du vase

Ce vase est orné sur chaque face d'une représentation.
Face 2 : Concours musical : un jeune homme tenant un aulos (double flute), sans doute vainqueur du concours, monte sur un podium au milieu de ses compagnons assis.
Face 1 : la lutte d'Héraclès et du géant Antée (cf. image) mise en valeur par deux figures féminines qui fuient sur les côtés avec un geste théâtral.
On connaît le nom des personnages grâce aux inscriptions qui les surmontent mais Héraclès est de toute façon facilement identifiable à sa massue, son carquois et sa léonté (dépouille du lion de Némée qu'il a vaincu précédemment) déposés à gauche. Il s'agit d'une scène mythique mais ce n'est pas un des douze travaux entrepris sur l'ordre d'Eurysthée. Lors du onzième des douze travaux, Hercule, qui doit aller chercher les Pommes du jardin des Hespérides, passe par la Lybie et en profite pour débarrasser la région d'Antée, un géant, fils de Gaïa et de Poséidon, qui se nourrissait de lions et défiait à la lutte tous les voyageurs ; il utilisait ensuite leurs crânes pour recouvrir le toit du temple de son père. Héraclès lutte, le terrasse, mais par trois fois le géant reprend des forces en touchant le sol grâce à Gaïa, sa mère. Hercule, ayant compris son pouvoir, l'étouffe après l'avoir soulevé de terre.
Sur le vase, Antée vient d'être vaincu : il est en position d'abandon, le visage déformé par un rictus de douleur dévoilant ses dents, la main droite inerte, l'œil révulsé en signe d'agonie. Tout en lui désigne le barbare : la chevelure rousse et la barbe non taillée, traitées par des coups de pinceau grossiers, et la moustache et les sourcils bien accentués font ressortir son aspect sauvage. A l'inverse, Héraclès, encore arc-bouté dans une position dynamique, ne laisse rien paraître de l'effort qu'il déploie. Sa barbe bien taillée, sa chevelure ordonnée, avec les boucles qui entourent le visage sont parfaitement dessinées. C'est le parfait héros du monde grec civilisé. La composition pyramidale des deux corps donne à la représentation un aspect expressif et monumental. Euphronios parvient à représenter la vivacité de la lutte en donnant aux corps des postures naturelles, avec des raccourcis qui forment une certaine perspective. La musculature est rendue dans des détails anatomiques précis grâce à l'utilisation d'un vernis dilué aux tons marron clair. Les femmes à l'arrière-plan, dessinées à une plus petite échelle créant ainsi une perspective, telles un chœur de tragédie antique, semblent annoncer le dénouement du combat et chanter les louanges du héros. Cette alliance de convention et de réalisme caractérise le style d'Euphronios.

Pistes pédagogiques

Niveau : primaire
Cycle 3 : période historique : de la Préhistoire à l'Antiquité gallo-romaine.
Observation : faire repérer les différentes inscriptions en lettres grecques, les dents et l'œil révulsé d'Antée, la signature du peintre au-dessus de la scène principale.
Activités : lire le texte relatant l'épisode représenté, raconter les douze travaux d'Héraclès à l'aide d'un choix de vases historiés, colorier sur une photocopie en noir et blanc de la scène le corps de chacun des lutteurs, reproduire les frises décoratives de palmettes, décorer un petit pot de fleurs de figures noires d'abord puis rouges pour montrer le principe de la silhouette gardée en réserve.

Ressources complémentaires

Texte/Image

Sur le web

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