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Galerie d\'Apollon
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niveau : Collège

Louis Le Vau

Galerie d'Apollon
Date : 1661
Lieu : Musée du Louvre
© Musée du louvre, DR

Galerie d'Apollon

Témoignage de deux siècles de peinture et de sculpture, la galerie d'Apollon représente un ensemble de 105 œuvres d'art enchâssées dans la voûte et dans le décor des murs. Voulue par Louis XIV comme galerie de réception, selon l'usage qui s'affirmait dans les palais et les maisons nobles, la galerie d'Apollon est reconstruite totalement après un incendie en 1661. Cet espace permet d'admirer le savoir-faire d'artistes d'époques et de domaines très divers : architectes, menuisiers, doreurs, peintres, sculpteurs et même lissiers…

Une œuvre d'art totale

Le 6 février 1661, un décor éphémère pour un somptueux ballet donné en l'honneur de Louis XIV prend feu dans un espace appelé la « petite galerie », reliant, au premier étage du palais, la Grande Galerie à une aile de la Cour carrée. L'incendie de cette « galerie des rois » ne laisse quasiment aucun vestige de l'étage. Sous la direction de l'architecte Louis Le Vau et du peintre Charles Le Brun qui coordonne tous les corps de métiers, commence alors un très long travail qui restera longtemps inachevé. Charles Le Brun, revenu d'Italie, est pénétré de l'esthétique baroque et il est manifeste que le peintre a conçu l'ensemble du décor, le rythme extrêmement complexe des travées du plafond, guidé par cette connaissance des grands décors romains, en particulier de la galerie Farnèse réalisée par les frères Carrache en 1595. Depuis quatre ans, il s'est déjà essayé avec bonheur au grand décor du château de Vaux-le-Vicomte (1658-1661), résidence du surintendant des Finances déchu, Nicolas Fouquet. Il a déjà expérimenté les décors composés de peintures associées à des sculptures dans le vaste salon ovale de Vaux-le-Vicomte ; il y avait imposé de fortes figures modelées en stuc. Mais ce qu'il réalise au Louvre atteint une grandeur et une fougue jamais dépassées. Plus tard, dans la galerie des Glaces à Versailles, il abandonnera les cadres moulurés et les figures volantes, pour un ensemble plus unitaire, moins compartimenté, où allait régner une peinture à effet théâtral au détriment des stucs. En 1678, au départ de Louis XIV pour Versailles, la galerie reste inachevée.

Au XVIIIème, l'Académie royale de peinture et de sculpture fait exécuter à ses jeunes membres -à titre de « morceaux de réception »- certains compartiments du plafond laissés vides. Au XIXème, Félix Duban, l'architecte chargé de restaurer le palais du Louvre, complète les stucs et boiseries, fait restaurer certaines peintures, achève le décor du plafond en commandant à Delacroix une immense composition Apollon vainqueur du serpent Python, inaugurée par Louis-Napoléon Bonaparte en octobre 1851. Il décide aussi la réalisation par la Manufacture des Gobelins de 28 tapisseries représentant les artistes et les souverains qui ont contribué à la création du Louvre.

Un programme iconographique à la gloire du Roi-Soleil

En 1663, Colbert, ministre et surintendant des Bâtiments du Roi, soucieux d'exalter la monarchie demande à Charles Le Brun de définir les principes décoratifs de la galerie. L'emblème de Louis XIV, le soleil, et sa devise « nec pluribus impar » viennent d'être choisis. Le décor de la galerie d'Apollon est le champ d'expériences esthétiques et architecturales qui constitueront la référence pour la galerie des Glaces à Versailles, vingt ans plus tard.

Le Brun, premier peintre du roi imagine une décoration peinte et sculptée sur le thème du soleil et de la course de l'astre dans l'espace (la terre et l'eau, les continents) et le temps (le zodiaque). Le mythe d'Apollon, dieu solaire, qu'évoque aussi le cortège des Muses, glorifie la personne de Louis XIV, le Roi-Soleil. L'ensemble offre une vision idyllique de l'univers sous le signe de l'harmonie dont Apollon est le garant.
Sur les toiles, le thème de la course du Soleil est mis en scène sous de multiples formes : les œuvres placées au sommet de la voûte esquissent la marche du jour ; après l'arrivée de L'Aurore, (1er tableau du plafond au fond de la galerie), Apollon est annoncé par L'Étoile du matin. Au centre de la voûte, il apparaît en gloire, en train de triompher du serpent Python. Vient ensuite Le Soir, incarnée par Morphée, puis La Nuit. Au fond de la galerie : Le réveil des eaux (ou triomphe de Neptune) et à l'entrée le triomphe de Cybèle ou la terre. Les tableaux, les médaillons, les atlantes en stuc se réfèrent tous au cycle de l'année (activités de chaque mois, lien avec les dieux, signes astrologiques). Les figures de captifs, situés sous la corniche, aux quatre angles de la galerie évoquent la course du Soleil qui parcourt les quatre parties du monde. De l'aube à la nuit, sur mer comme sur terre, l'omnipotence du soleil symbolise celle du monarque.

La partie la plus prestigieuse et la plus difficile, date du milieu du XIXème. En 1849, Delacroix réalise le compartiment central laissé vide. Le sujet s'impose : enfin exalter cet Apollon jusqu'alors invisible. Il choisit de traiter Apollon vainqueur du serpent Python, (cf. image) une allégorie du combat du Bien et du Mal, en gardant la figuration du char d'Apollon que Le Brun avait initialement prévue. Delacroix multiplie les études et se pénètre de l'esprit de la galerie. Conscient de l'insertion dans un ensemble historique, il reprend des thèmes déjà traités par Le Brun, tels le char tiré par des chevaux, la forme d'une écharpe, et surtout l'allusion au dieu solaire avec le halo lumineux qui l'entoure…

Pistes pédagogiques

Niveau collège : 5ème.
Période historique : le XVIIème siècle.
Domaine artistique : "Arts du visuel" et "Arts de l'espace" (architecture).
Thématique : « Arts, mythes et religions », sous thème « L'œuvre d'art et les grandes figures de l'inspiration artistique en Occident : Apollon ».
Autre thématique : « Arts, Etats et pouvoir », sous thème « l'œuvre d'art et le pouvoir : représentation et mise en scène du pouvoir ».
Lettres : rapport texte/image : confronter au texte d'Ovide, ou la glorification/ l'opposition au pouvoir en littérature ou l'étude des codes iconographiques de la représentation du temps.
Histoire : Le Louvre, demeure royale sous l'Ancien Régime. Les galeries royales : comparer avec la galerie des Glaces de Versailles et celle de Fontainebleau.
Ressources complémentaires : Ovide Métamorphoses (I, 416-451).

Ressources complémentaires

Texte/Image

Sur le web

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