frise

œuvres focus

Liens externes

Quelques sites

Un choix non exhaustif pour la richesse du contenu artistique et pédagogique.

Le Louvre

Le musée d'Orsay

The National Gallery

histoiredesarts.culture.fr

eduscol.education.fr

Google Art project

Un site au près plus des oeuvres, vertigineux!

Liens

Mars et Vénus dit Le Parnasse
Passez votre souris sur l'image

Imprimez cette page

niveau : Collège

Andrea Mantegna

Mars et Vénus dit Le Parnasse
Date : 1497
Lieu : Musée du Louvre
© Musée du Louvre

Mars et Vénus dit Le Parnasse

Ce tableau fait partie d'une série de cinq tableaux, tous conservés au Louvre, que la marquise de Mantoue, Isabelle d'Este (1474-1539), a commandé pour décorer son premier studiolo logé dans le Castello di San Giorgio du palais ducal de Mantoue.

Un décor humaniste

En 1490, Isabelle, jeune fille de seize ans appartenant à la grande famille des Este de Ferrare, vient d'épouser François de Gonzague, seigneur de Mantoue. Revenant de Ferrare où sa mère s'est fait aménager de nouveaux appartements, elle souhaite à son tour ordonner des embellissements dans sa nouvelle demeure. Son projet est de faire décorer une petite pièce, destinée à elle seule, dans la tour San Niccolo, qui lui servirait de bibliothèque (en bonne princesse humaniste, elle possède des ouvrages d'auteurs latins, de Dante, de Pétrarque, et des romans de chevalerie), d'endroit où rassembler des objets précieux, modernes et surtout antiques, et une petite pièce voisine : la « grotta », où elle pourrait se retirer, lire, écrire, écouter de la musique, ou converser avec des proches ; en fait, elle désire un « studiolo », un cabinet de travail d'étude et de méditation , comme celui de Ludovic Gonzague.
Elle souhaite, en plus de boiseries dorées et d'un pavement de majoliques, des tableaux à sujet profane de mains d'artistes différents ; elle commande donc au peintre officiel de la cour des Gonzague, Andréa Mantegna, un tableau : le Parnasse, terminé en 1497.

Une iconographie complexe

La première interprétation qu'on est tenté de donner s'appuie sur une lecture des attributs des dieux : sur l'arc rocheux central, les amants adultères, Mars vêtu à l'antique, et Vénus, nue, en position de contrapposto réciproque, s'enlacent. Leur union donne naissance à Eros/Cupidon, près de Mars, qui souffle dans une sorte de sarbacane en direction de Vulcain, l'époux légitime de Vénus, visible dans la grotte à droite, dont la colère évidente semble bien légitime.
A droite, Mercure, avec ses sandales ailées et son caducée, tient Pégase par le cou. Leur attitude rappelle le contrapposto des deux personnages principaux. Au-dessus d'eux, une source jaillit d'un rocher : c'est la fontaine Hippocrène sur la montagne Hélicon, née d'un coup de sabot de Pégase. Or cette fontaine est la source à laquelle s'abreuvent les « reines de l'Hélicon », à savoir les Muses ; celles-ci sont représentées au premier plan, faisant la ronde, au son de la lyre du personnage assis à gauche, qui semble bien être l'Apollon musagète, le dieu qui conduit les Muses. Le titre du tableau, le Parnasse, serait donc erroné.

Par ailleurs, cette interprétation ne peut pas être en accord avec le désir de la commanditaire de cette œuvre.
En effet, pour les contemporains, les deux personnages centraux sont une allusion évidente au couple princier – les trois couleurs (bleu, blanc, rouge) sont les couleurs des deux maisons princières : François II en Mars car il vient de gagner la bataille de Fornoue en 1495 et Isabelle , non pas en Vénus, déesse de l'amour charnel, adultère, ce qui serait indécent pour cette princesse nouvellement mariée, mais en Vénus céleste, celle de Xénophon et de Platon, déesse de l'amour pur, protectrice des Muses, dont l'union avec Mars engendre Antéros, le frère vertueux d'Eros, l'Harmonie.
Vénus a désarmé Eros dont elle tient la flèche d'or, génératrice d'amour. Antéros, armé d'une sarbacane tire vers le sexe de Vulcain. Cet élément humoristique brouille les pistes de l'interprétation mais en fait Vulcain serait présent ici en tant que grand artiste, digne de figurer parmi les autres arts. Quant à Apollon, dans un inventaire de1542, il est confondu avec Orphée qui lui aussi joue de la lyre pour faire danser des nymphes.
Vénus/Isabelle représente donc l'amour céleste qui a vaincu l'amour terrestre (comme le rappelle la toile du Pérugin Le combat de l'Amour et de la chasteté) et les Muses sont le symbole des arts les plus nobles qui naissent de l'Harmonie. Voici un programme iconographique bien plus digne d'une princesse humaniste telle qu'Isabelle d'Este!

Pistes pédagogiques

Niveau scolaire : Au collège, en 5ème.
Domaine artistique : "Arts du visuel".
Thématiques : « Arts, mythes et religions », sous thème : « L'œuvre d'art et les grandes figures de l'inspiration artistique en Occident : Apollon ».
Apollon ou Orphée? De la complexité de l'analyse iconographique…

Ressources complémentaires

Texte/Image

Sur le web

frise